Nouvelles grandes manœuvresSAMSUNG CAMERA PICTURES

Les frimas de janvier aidant, et sans plus attendre, nos mémoires enfin bouclés et remisés – avec le stage – au rang des bons souvenirs, nous partîmes nous remettre en jambes avec un long camp hivernal au camp de Bitche, accueillis par le 16e Bataillon de Chasseurs.

Outre les apprentissages tactiques et l’effort fait sur la rusticité et l’aguerrissement (en vue du CNEC en avril-mai), ce camp fut surtout une bonne occasion pour la promo de se retrouver, à travers ses compagnies et sections, avec beaucoup de joie et de bonne humeur, de manière à attaquer avec insouciance le rythme dense qui nous attendait.

 

Séquences militaires variées

S6-4Après Bitche s’ensuivit une phase de stages divers alternés par pelotons : monitorat ISTC, anglais opérationnel, aguerrissement au fort de Penthièvre, enseignements tactiques…

A toutes ces activités militaires vinrent s’ajouter d’autres tomazes notables pour des candidats triés sur le volet : bonne mise en valeur et bon exercice de commandement, la gestion de quatre sections de Préparation Militaire Supérieure ; bonnes vacances à l’air marin, une délégation de fumistes envoyée sur la campagne Jeanne d’Arc des Bordaches, histoire de voguer au fil de l’eau de Brest à Abidjan…

Dans un style plus martial enfin, ce fut un retour en force au Tournoi Sportif des Ecoles de la Défense avec des équipes qui, pourtant moins entraînées, débordaient de rage de vaincre : on retiendra surtout la victoire à l’arraché de nos rugbymen, le XV du Kiwi, face aux polytechniciens.

 

 

25-50S6-6

Il était temps de revêtir nos Grands Uniformes une nouvelle fois pour une journée traditionnelle très émouvante, celle du parrainage des 25-50 ans. Comme tous les ans, le Premier Bataillon de France, avec ses camarades dolos, accueillit ses promotions d’aînés d’un quart et d’un demi-siècle le temps d’une belle journée.

Nous fûmes chaleureusement entourés des promotions Général Callies (1986-1989) et Bir-Hakeim (1961-1963). Cette dernière se distingua en offrant avec panache le passage d’une banderole tractée par avion… Nous fûmes impressionnés par la jeunesse d’esprit de tous ces Anciens et Grands-Anciens, mesurant à la fois le chemin à parcourir, l’importance cruciale de notre Promo, et la proximité d’esprit qui unit tous les cyrards.

 

S6-8 Le CNEC

 

Passage obligé et mythique, redouté et attendu, le stage de moniteur commando au CNEC-1er Bataillon de Choc était désormais le gros morceau qui nous attendait et  nous séparait du désormais tout proche PDB… Quatre semaines durant nous affrontâmes Montlouis et Collioure, la mer et la montagne, les pistes et les marches,  explosifs et corps à corps.

Un stage d’une rare intensité, à la hauteur de sa réputation, et qui devait nous rendre, un mois plus tard, lessivés… mais surtout heureux d’en avoir fini et d’être  désormais aux portes de sortie de la Spéciale… enfin !

 

 

Le tour de piste

A peine un week-end de remise en forme et nous reprenions sacs et armes pour une dernière séquence tactique à Coëtquidan, le rallye de la glisse, fameux marathon où se jouaient tous nos coefficients militaires. Inutile donc de revenir sur les ateliers proprement dits, mais mentionnons plutôt le souffle de légèreté qui nous traversait malgré tout alors que nous arpentions avec nos binômes Dolos, pour la toute dernière fois, comme en un ultime tour de piste, ces lieux qui avaient fait notre quotidien trois ans durant : Bois du Loup, Bois des Caures, Malakoff, Grande Bosse, Pratzen, Sainte-Anne, Montervily, Bernéant…

Les armes réintégrées, nous nous séparions à nouveau pour un mois de stage en corps de troupe dans toutes nos unités de l’armée de terre.

 

 

Vers la fin, à toute allure !S6-15-

Trépidant mois que notre dernier sous le drapeau de la Spéciale !

A peine revenus de nos stages en corps de troupe, nous passions le grand oral de sortie, épreuve aussi impressionnante que surprenante face à une troupe hostile d’officiers très supérieurs et de professeurs très diplômés, et attendions le classement final…

Le Grand Gala constitua une pause de légèreté au milieu de cette attente : la Promotion rayonna à Paris pour une soirée de haute volée et de grand prestige, tenue à l’Automobile-Club de France (Hôtel Meurice) après une prise d’armes sur la place Vendôme.

Le classement ultime tomba juste au moment de notre retour pour Paris : une semaine de répétitions pour le défilé, alternées d’amphis blancs et de folles soirées… et voici que notre destin se bouclait, en même temps que se tournait une page décisive de notre vie promo… la 1ère, en somme !

Le 11 juillet, nous étions rassemblés dans l’amphi du Lycée Militaire de Saint-Cyr, trois ans après que le bahutage nous y ait fait débuter l’aventure, et nous annoncions nos choix devant le général et le DFE. Une heure pour mettre un point final à notre formation initiale !

Immédiatement après, nous étions dans la cour Rivoli, lieu même du serment de 14, cent ans plus tôt, pour un laïus de la Saint-Cyrienne : déjà, nous passions dans la cour des grands !

S6-17 Trois jours plus tard, sur les Champs-Elysées, nous fûmes beaux (paraît-il), dans cette descente très applaudie de l’avenue, survolés par la Patrouille de France et  admirés de la nation : mais pas le temps de nous en rendre compte, à peine les sabres remis aux fourreaux que nous étions déjà repartis pour Coët pour boucler les  paquets !

Quelques derniers jours de folie, ponctués de répétitions du Triomphe (la Spéciale nous a au moins appris l’OS !) et de grands moments (Bal de l’Ours et autres  joyeuseries)… le Triomphe lui-même, avec la naissance de la promo de nos petits-bazars, la « Capitaine Hervouët », et ce défilé poignant d’émotion qui nous vit  marcher au son du chant promo, résolument, fièrement, vers la sortie du camp, instant de grâce pour repasser ensemble le film de ces trois années bretonnes.S6-19

Dernier soir : l’au-revoir joyeux et solennel à nos bazars et petits-bazars, comme une dernière passation de flambeau,  dernière folle soirée promo agrémentée de  musique, photos et mousseuse… et voici que les ex-sous-lieutenants sont  déjà sur la Grande Bosse. Trois ans, que c’était long, mais voici que le temps semble  finalement avoir été si rapide ! Chants, rires, souvenirs… et sur nous, enfin, tant attendue, tant espérée, tant rêvée, l’aurore resplendissante du PDB s’est levée !

 

Chic à Cyr, chic à Castelnau : c’était bien, c’était grand, c’était beau… et ce n’est que le début !